Un maître d’ouvrage qui reçoit trois devis très éloignés en conclut souvent que le moins cher est malhonnête ou que le plus cher est gourmand. En réalité, les trois ne chiffrent presque jamais la même chose.
Ce que pèse chaque poste
- Terrassement et fondations : 12 à 18 % du budget, davantage sur un terrain en pente ou remblayé.
- Gros œuvre et élévation : 30 à 38 %, poste le plus sensible au prix du ciment et du fer.
- Toiture et étanchéité : 8 à 12 %, selon qu’il s’agit d’une terrasse ou d’une charpente couverte de tuiles.
- Second œuvre — plomberie, électricité, menuiseries : 18 à 24 %.
- Finitions — carrelage, peinture, sanitaires : 12 à 20 %, c’est le poste le plus élastique.
- Aménagements extérieurs, clôture, cour : 6 à 10 %, presque toujours oublié des devis bas.
D’où viennent les écarts entre devis
Trois causes reviennent systématiquement. D’abord le périmètre : un devis qui s’arrête au gros œuvre paraîtra imbattable face à un devis clés en main. Ensuite la qualité des matériaux, rarement précisée — un fer de 8 et un fer de 10 ne se voient pas une fois coulés. Enfin l’absence de provision pour l’évolution des prix sur un chantier de douze à dix-huit mois.
Les trois clauses à exiger dans le devis
- Le détail quantitatif par poste, avec les sections de fer et les dosages de béton.
- Le calendrier d’exécution assorti d’un échéancier de paiement lié à l’avancement, pas au calendrier.
- La règle de révision des prix en cas de hausse des matériaux, plafonnée et documentée.
Un devis honnête est un devis dans lequel vous comprenez ce qui est exclu. L’absence de la ligne « clôture » n’est pas une économie, c’est un report.